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La France était en mars le plus gros acheteur de gaz naturel liquéfié américain


Pour faire face à un embargo à terme sur le gaz russe et pour rendre concrète la volonté affirmée de diminuer les importations, la France mise sur le GNL (Gaz naturel liquéfié), notamment américain. Pas moins de 16 méthaniers venant des ports américains ont délivré en mars leur cargaison en France.

La France se prépare à devoir se passer du gaz russe et diversifie plus largement ses sources d’approvisionnement. Un embargo européen sur le gaz russe est très peu probable dans les prochains mois. De nombreux pays européens très dépendants s’y refusent Mais pour un pays comme la France, qui achète en temps normal un peu moins de 20% du gaz qu’il consomme à la Russie, c’est plus facile que pour l’Allemagne dont le niveau de dépendance atteint 55%.

Pas de moins de 16 méthaniers venant des Etats-Unis ont approvisionné la France en mars

La France a ainsi accéléré la diversification de ses fournisseurs depuis plusieurs mois. La priorité a été donnée logiquement au gaz naturel liquéfié (GNL), notamment américain, qui a l’immense avantage d’être disponible en relativement grande quantité. Les États-Unis ont livré dans le monde 100 cargaisons de GNL en mars, une augmentation de 6% par rapport à février et de 28% par rapport à mars 2021.

Selon une note de S&P Global, la France a été ainsi au mois de mars 2022 la première destination d’exportation du GNL américain. Pas moins de 16 méthaniers en provenance des Etats-Unis ont livré leur cargaison, deux fois plus qu’au mois de février. La France dépasse ainsi l’Espagne (15 cargaisons), très dépendante du gaz, le Royaume-Uni (12) et la Corée du Sud, la Turquie et les Pays-Bas avec huit cargaisons chacun.

La France était en mars le plus gros acheteur de gaz naturel liquéfié américain

Principale destination d’exportation du Gaz naturel liquéfié américain (en nombre de cargaisons). Source S&P Global.

Le recours au GNL américain est facilité à la fois par la présence sur le territoire française de quatre terminaux et par la situation géographique du pays qui permet ces livraisons. «La France a une grande façade maritime. Elle lui permet d’importer facilement du gaz liquéfié», expliquait sur France Culture Patrice Geoffron, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine. Par ailleurs, les Etats-Unis se sont engagés en mars à fournir au moins 15 milliards de m3 supplémentaires de GNL à l’UE en 2022, tandis que Bruxelles s’efforcera d’assurer une demande «stable» de GNL américain qui permettrait un approvisionnement supplémentaire de 50 milliards de m3 par an jusqu’en 2030.

Un nouveau terminal flottant au Havre

La limite aujourd’hui tient aux capacités de stockage de GNL. La France compte aujourd’hui quatre terminaux portuaires terrestres d’importation de GNL et va se doter d’un cinquième qui sera lui flottant au Havre. Un projet qui ne verra pas le jour avant 12 à 18 mois et qui devrait accroître la capacité d’importation française de GNL de 3,9 millions de tonnes. En 2019, le pays avait importé 15,6 millions de tonnes de GNL derrière l’Espagne (15,7 millions de tonnes) et devant le Royaume-Uni (13,6 millions).

La rédaction

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