-Pourquoi consommons-nous des kWh pas des kW ?
La confusion entre kW et kWh et leurs multiples MW et MWh, TW et TWh est malheureusement assez fréquente. Et Transitions & Énergies n’échappe pas d’ailleurs aux coquilles. Mais il y a une différence fondamentale entre la puissance et la production ou la consommation. La puissance d’une installation, d’un équipement, d’un système s’exprime en watts (kilowatt, mégawatt, térawatt) et la production en wattheures (kilowatt heures, mégawatt heures et térawatt heures). Pour employer une métaphore, confondre kW et kWh revient à confondre la vitesse instantanée et la distance parcourue.
Un watt heure mesure la quantité d’énergie consommée ou produite sur une heure par une puissance de 1 watt. Un kWh équivaut à 1 000 watt heures, indiquant l’énergie consommée ou produite par une puissance de 1 kilowatt pendant une heure. Un MWh correspond à 1 million de watt heures et un TWh à 1 000 milliards de watt heures.
Cette distinction entre puissance et électricité est particulièrement importante lorsque différents types d’installations sont comparés, notamment les productions continues et les productions intermittentes. Des parcs éoliens représentant une capacité de 1 000 MW et fonctionnant sur l’année avec un facteur de charge de 25 % et un réacteur nucléaire d’une capacité de 1 000 MW et fonctionnant avec un facteur de charge de 80 % n’ont rien de comparable dans leur capacité à alimenter un système électrique et à satisfaire les besoins. L’amortissement du coût des installations est aussi très différent.
-Pourquoi mesure-t-on la quantité de pétrole produite en barils ?
Le pétrole est le combustible fossile le plus consommé et produit dans le monde. Il est extrait, expédié et raffiné presque partout sur la planète. Il est transformé en de multiples carburants (GPL, essence, diesel, kérosène, fioul lourd) ou en de multiples matériaux (bitume, PVC, vêtements synthétiques). L’unité de mesure de la production et la vente de pétrole n’est pas le litre, mais le baril. Un baril correspond à 42 gallons américains, soit 159 litres de pétrole.
Une convention qui remonte au xixe siècle. L’industrie naissante du pétrole se servait alors de tonneaux en bois pour transporter l’or noir, d’une contenance de 42 gallons/159 litres. Des barils de cette taille servaient à transporter des marchandises comme l’huile, l’alcool ou le sel. Leurs contenances variaient considérablement entre 30 et 50 gallons, soit entre 110 et 190 litres. Mais à partir des années 1860-1870, l’industrie du pétrole a normalisé la taille des barils pour faciliter sa comptabilité. Le baril de 42 gallons est devenu la norme et il l’est toujours. Aujourd’hui, l’industrie pétrolière utilise des barils en métal ou en PVC, plus résistants et plus faciles à produire en masse.
-La réalité de l’éolien en France
Au 31 décembre 2024, la capacité de production électrique de l’ensemble des parcs éoliens terrestres en France était de 22,9 GW. Au cours de l’année 2024, elle a augmenté de 1,1 GW. Elle a encore augmenté de 2,6 GW l’an dernier pour atteindre 25,5 GW au 1er novembre 2025. La production d’électricité à partir de l’éolien terrestre s’est établie en 2024 à 42,8 TWh, une diminution de 12,6 % par rapport à 2023. Elle est liée à un facteur de charge très faible (21,8 %) à cause d’un déficit de vent dans des régions où sont principalement installées les éoliennes terrestres (nord et ouest de la France).
En 2024, les parcs éoliens marins de Saint-Brieuc et Fécamp (près de 500 MW chacun) ont été mis en service. Avec celui de Saint-Nazaire (480 MW), entré en production en 2022, la capacité installée de l’éolien marin s’élevait à 1,5 GW fin 2024. L’an dernier, la production éolienne en mer s’est établie en France à 4 TWh. Pour autant, le facteur de charge (31,6 % pour le parc de Saint-Nazaire) a été décevant du fait toujours de conditions de vent défavorables. Le facteur de charge de l’éolien marin est en général nettement supérieur à celui de l’éolien terrestre, ce qui justifie des investissements nettement plus élevés à capacités équivalentes pour les éoliennes et pour les raccordements aux réseaux.














