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L’essence au plomb, cette fois ci, c’est bel et bien fini

Le plomb contenu dans l’essence était extrêmement nocif pour la santé. Sa commercialisation est interdite aux Etats-Unis depuis 1975 et en France et en Europe depuis l’année 2000. Elle s’est encore poursuivie dans les pays les plus pauvres pendant une vingtaine d’années.

Le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) a annoncé lundi 30 août que plus aucun pays du monde n’utilise d’essence contenant du plomb. L’Algérie, dernier pays à utiliser ce carburant nocif, a épuisé ses stocks. Le PNUE s’en attribue le mérite et affirme qu’il s’agit d’une « étape majeure » qui « évitera plus de 1,2 million de décès prématurés par an, augmentera les points de QI [quotient intellectuel] chez les enfants, économisera 2.440 milliards de dollars à l’économie mondiale et réduira le taux de criminalité ».

Des alertes depuis 1924…

Cela fait près d’un siècle que les premiers avertissements ont été lancés sur les effets toxiques de l’essence au plomb. Une première alerte a été donnée en 1924, lorsque des dizaines de travailleurs ont été hospitalisés et cinq déclarés morts après avoir souffert de convulsions dans une raffinerie du New Jersey aux Etats-Unis. Mais il a fallu attendre la fin du XXème siècle pour qu’on s’en préoccupe et encore pas vraiment pour de bonnes raisons… Il ne se vend plus de voitures utilisant de l’essence en plomb en Europe depuis l’année 2000.

Dans les anciens moteurs, le plomb servait à la fois à augmenter l’indice d’octane de l’essence (il mesure la résistance à l’auto-allumage) et à lubrifier les sièges de soupapes. La soupape est la pièce métallique qui ouvre et ferme le passage des gaz dans la chambre à combustion. Mais ce ne sont pas des préoccupations liées aux dangers du plomb pour la santé qui ont conduit à sa suppression dans l’essence. Le super qui en contenait s’est tout simplement avéré incompatible avec les pots catalytiques qui réduisaient la pollution à l’échappement et sont devenus obligatoires. Et ce n’était même pas le plomb qui posait problème. Les sels de plomb étaient additionnés de chlore et de brome pour faciliter leur évacuation. Or, ces substances se déposent dans le pot catalytique, le bouchent et l’empêchent de fonctionner.

Interdit d’abord aux Etats-Unis en 1975

Comme les voitures ont toutes été équipées de pots catalytiques, le plomb dans l’essence a été supprimé à partir de 1975 aux Etats-Unis et du 1er janvier 2000 dans tous les pays européens… sans le moindre problème pour les moteurs. Les raffineurs ont été capables de produire autrement des carburants avec des indices octane élevés et les constructeurs ont fabriqué des moteurs avec des sièges de soupapes en acier plus résistants. En France, la commercialisation de l’essence sans plomb a commencé en 1990.

Lorsque le PNUE a lancé sa campagne pour éliminer l’essence au plomb en 2002, la plupart des grandes puissances, les Etats-Unis, la Chine, l’Europe, l’Inde, le Japon… avaient déjà interdit son utilisation. Mais il a continué à être commercialisé dans les pays les plus pauvres. En 2016, après que la Corée du Nord, la Birmanie et l’Afghanistan aient cessé de vendre de l’essence au plomb, seuls l’Algérie, l’Irak et le Yémen continuaient encore à s’en servir.

La rédaction

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