Les tempêtes ou éruptions solaires, si elles sont de très grande intensité, peuvent grandement endommager les réseaux électriques et les satellites et les rendre inopérants pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Les sociétés modernes sont devenues totalement dépendantes de leur alimentation en électricité pour de nombreux services et équipements vitaux. Il suffit de voir les conséquences du blackout qui a touché pendant seulement 10 heures en avril dernier la péninsule ibérique. Le problème est que nous sommes presque incapables de prévoir de tels évènements et que nous y sommes encore moins préparés.
Les tempêtes surviennent lorsqu’une éruption magnétique à grande échelle accélère soudain les particules chargées dans l’atmosphère solaire et les propulse dans l’espace à des vitesses très élevées. Les protons peuvent ainsi se déplacer à des milliers de kilomètres heure et s’ils se dirigent vers nous parcourir les 150 millions de kilomètres qui séparent le soleil de la Terre en quelques dizaines de minutes. Ces protons en mouvement rapide traversent la magnétosphère qui protège la Terre des particules chargées de moindre énergie et atterrissent près des pôles nord et sud. Ils provoquent ainsi les fameuses aurores boréales.
Orages géomagnétiques
Une perturbation majeure du champ magnétique terrestre, connue sous le nom d’orage géomagnétique, peut alors provoquer des surcharges des réseaux électriques, perturber grandement le fonctionnement des satellites et ainsi des systèmes de navigation, brouiller les ondes radio et créer de magnifiques aurores boréales. En général, ces tempêtes ne sont pas vraiment dangereuses pour l’homme. Le champ magnétique et l’atmosphère de la planète nous protègent en grande partie. Mais il y a des exceptions.
La terre est notamment protégée par les ceintures dites de Van Allen, qui tirent leur nom du physicien américain James Van Allen. Elles entourent et protégent la terre à partir de l’équateur magnétique. Lorsque le Soleil bombarde la Terre de vents solaires puissants ou de tempêtes solaires, les particules énergétiques sont en quelque sorte absorbées par ses deux ceintures (voir ci-dessous).

Ceintures de Van Allen. Source : Wikipedia.
Les ceintures de Van Allen sont aujourd’hui saturées en particules électromagnétiques
Le problème est que les ceintures de radiation de Van Allen sont aujourd’hui « complètement chargées », selon l’observateur météorologique spatial Stefan Burns. Il prévient que les particules électromagnétiques se sont accumulées en raison des tempêtes solaires répétées au cours des derniers mois. « La prochaine tempête solaire pourrait provoquer la précipitation de ce plasma vers la haute atmosphère de la planète ».
Et comme l’écrit le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) : les « orages magnétiques intenses peuvent entraîner : de très fortes inductions dans les infrastructures humaines au sol tels les réseaux de fluides (réseaux électriques, pipelines, rails, etc… ) et des perturbations sur les signaux radios des systèmes de positionnement par satellites (Galileo ou GPS)… L’augmentation des particules énergétiques accroît le risque pour les satellites (effet mécanique d’érosion, dégradation des composants et sous-systèmes satellites par les radiations, freinage atmosphérique, courants de surface endommageant les électroniques, etc…) et éventuellement pour les passagers lors de vols à haute altitude».
Une tempête solaire majeure une fois par siècle
Deux tempêtes solaires ont marqué l’Histoire. La tempête de Carrington, survenue en 1859, est la tempête solaire la plus importante jamais enregistrée. Les dégâts occasionnés furent limités aux seuls télégraphes, en raison de la faible avancée technologique des sociétés d’alors. En 1989, en revanche, une tempête solaire a frappé le Québec et des perturbations ont été observées sur le réseau électrique, plongeant la ville de Montréal dans le noir pendant neuf heures. Son intensité était pourtant mineure comparée à l’événement de Carrington.
À la différence de l’époque de la tempête de Carrington, les sociétés modernes sont des sociétés technologiques qui dépendent des infrastructures électriques et de communication, très sensibles aux décharges magnétiques émises par le Soleil. Et selon une étude internationale à laquelle a participé le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), le soleil pourrait connaître, une fois par siècle en moyenne, une super-éruption cent fois plus énergétique que les plus grandes tempêtes solaires connues. Cette estimation a été établie notamment grâce à l’observation du comportement de milliers d’étoiles comparables à notre soleil.














