Les cours du pétrole sont à leur plus bas niveau depuis quatre ans et la sortie de la pandémie de Covid, autour de 60 dollars le baril de qualité Brent de mer du nord et de 57 dollars pour le WTI (West Texas Intermediate). Du coup, les prix des carburants à la pompe sont à leur plus bas niveau depuis plus de trois ans en France. Mais cela ne pouvait pas durer… Les prix de l’essence et du diesel vont augmenter dans les premiers jours de l’année 2026 de 4 à 6 centimes le litre. Cela est directement lié à l’augmentation pour les distributeurs d’énergie de cette taxe déguisée appelée Certificats d’économies d’énergie (CEE). C’est un moyen aujourd’hui privilégié par les derniers gouvernements pour faire financer leurs décisions de politique énergétique sans passer par le budget de l’Etat. Mais ce sont tout de même évidemment les Français qui payent la note via leurs factures d’énergie et donc de carburants.
Cette hausse des prix à la pompe devrait s’étaler sur les quinze premiers jours de janvier selon Francis Pousse du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5.800 stations-service traditionnelles (hors grande distribution).
Un dispositif très problématique pour la Cour des comptes comme pour Que choisir
Le dispositif des CEE a été créé en 2005 sur le principe dit du pollueur-payeur. Il contraint sous peine de fortes amendes les fournisseurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation et d’amélioration de l’efficacité énergétique au prorata de leurs émissions. S’ils n’atteignent pas leurs objectifs annuels, ils doivent payer une très forte amende en fin de période (environ trois fois le prix des CEE manquants). TotalEnergies, Engie, EDF et tous les autres fournisseurs peuvent évidemment répercuter le coût des CEE sur les factures énergétiques des ménages. Ce qu’ils font immédiatement sur leurs factures et les prix à la pompe. Donc, ils remplissent coûte que coûte leurs obligations en finançant des économies d’énergie… à l’efficacité parfois très douteuse.
Et ses obligations ne font qu’augmenter. Au cours de la sixième période des CEE, qui s’étale du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030, les obligations annuelles d’économies d’énergie que doivent réaliser les distributeurs d’énergie augmentent de 27% et passent de 825 à 1.050 TWh. Mais pour quels résultats ?
Car les CEE sont dans les faits un dispositif très inefficace qui confine au gaspillage d’argent public. Coût élevé pour les consommateurs, économies d’énergie surévaluées, fraudes massives… Au point que la Cour des comptes recommande sa suppression ! La Cour des comptes qui qualifie les CEE de « quasi-taxe » estimait en 2024 que leur coût moyen annuel était de 164 euros pour un ménage en 2023. Et selon Que Choisir, près de 40% des CEE délivrés ne correspondent pas à des économies d’énergie réelles directes.
La politique énergétique financée hors budget de l’Etat
Mais les Certificats d’économies ont un immense mérite aux yeux des derniers gouvernements. Ils fonctionnent hors du budget de l’État et sont payés directement par le consommateur dans un pays surendetté, incapable d’équilibrer le moindre budget et de réduire ses dépenses. C’est ainsi le consommateur qui finance directement la politique énergétique décidée par le gouvernement via ses factures. Voilà pourquoi l’enveloppe des CEE passe de 6 milliards d’euros en 2025 à 8 milliards en 2026. Et ce n’est qu’un début… Elle pourrait atteindre 15 milliards par an dans quelques années.L’État lance ainsi de grands programmes d’économies d’énergie et de décarbonation qu’il ne finance pas. Un dispositif caractéristique de la technocratie française qui est à la fois complexe, coûteux et d’une efficacité douteuse.
Des performances gonflées à l’hélium
Mais les gouvernements adorent mettre en avant les CEE pour atteindre les objectifs européens d’économies d’énergie et leur attribuent un gain extraordinaire de 24 TWh par an, 1,5% de la consommation d’énergie du pays. Des chiffres qui sont totalement faux ! Avec de telles performances, la consommation d’énergie des logements aurait dû baisser de plus de 25% depuis 2014 grâce aux seuls CEE… Elle n’a diminué que d’environ 5%.
Jusqu’à aujourd’hui, les CEE concernaient surtout le logement qui concentre les deux-tiers des primes CEE qui cumulées aux aides MaPrimRénov’ représentent un total de près de 5 milliards d’euros par an, principalement pour l’isolation des combles et les changements de chauffage.














