Transitions & Energies

Transition: les engagements à long terme des gouvernements ont peu de valeur

Si vous êtes un élu ou un dirigeant politique accusé de ne penser qu’aux moyens de rester au pouvoir, la meilleure recette pour prouver que vous êtes un visionnaire et que vous préparez l’avenir est de fixer de grands et ambitieux...

La transition énergétique pourrait encore affaiblir l’industrie française

La transition vers les énergies renouvelables et les voitures électriques va être une nouvelle épreuve pour l’industrie française prévient l’économiste Patrick Artus dans Le Point. Une industrie, qui ne fabrique pas la moindre batterie...

La transition, bien plus compliqué que d’aller sur la lune

Il y a maintenant tout juste un peu plus de 50 ans, Neil Armstrong a fait son fameux petit pas sur la surface poussiéreuse de la lune et accomplit ainsi la mission que lui avait confié le Président John F. Kennedy en 1961. A savoir que les Etats...

Les articles de la catégorie Renouvelable

La France ne veut pas de l’éolien marin

L’éolien marin se développe depuis des années au Royaume-Uni, dans toute l’Europe du nord, aux Pays-Bas et en Allemagne, mais n’existe pas en France tant il se heurte à des résistances. On compte aujourd’hui près de 6.000 éoliennes terrestres en France et seulement… une éolienne flottante, un prototype installé au large de Nantes en 2018. En 2010, un rapport parlementaire soulignait que, pour mettre en oeuvre les conclusions du Grenelle de l’Environnement, il faudrait installer 9.000 éoliennes en France avant 2020, dont quelque 1.200 en mer. A ce jour, aucune machine en mer n’est opérationnelle! Le Royaume-Uni compte à lui seul 1.900 éoliennes offshore, l’Allemagne 1.300 et le Danemark plus de 500. En mer du Nord, les éoliennes produisent l’équivalent de 18 réacteurs nucléaires de type EPR. On peut donc parler d’un véritable blocage en France En 2011, tandis que neuf pays européens avaient déjà installés une cinquantaine de parcs offshore, la France lançait ses premiers appels d’offres. Mais c’est seulement début 2016 que les projets de parcs éoliens au large de Saint-Nazaire, de Courseulles-sur-mer et de Fécamp recevaient un avis favorable des commissions...

Greta Thunberg, une très mauvaise réponse à de bonnes questions

Les prophètes de l’apocalypse et les activistes de l’urgence climatique ont trouvé leur parfaite égérie. La Jeanne d’Arc du CO2. Inattaquable car insoupçonnable de ne pas être sincère quand elle accuse les adultes d’être irresponsables. Une enfant brillante de 16 ans, pétrie de certitudes et d’angoisses dont les problèmes psychiatriques ont été rendus publics par ses parents… Elle débite depuis des mois avec un visage angélique et une conviction inébranlable un discours accusateur, simpliste et répétitif. Greta Thunberg croit sans doute sincèrement à la fin du monde en témoignent les propos tenus à l’Assemblée Nationale le 23 juillet et six mois plus tôt, le 25 janvier, devant le World Economic Forum: «Pourquoi étudier pour un futur qui bientôt n’existera plus?» Elle est à la mode comme le sont les collapsologues de tous poils. Ils font peur. Ils font vendre. Ils sont issus d’une longue lignée dans l’histoire humaine qui nous promet à intervalles réguliers les flammes de l’enfer si nous ne nous lavons pas de nos péchés. La rationalité, les faits, la science, la compétence sont balayés par l’avalanche médiatique, le militantisme...

Pourquoi l’énergie solaire va conquérir le monde

Le magazine Popular Mechanics annonce le siècle de l’énergie solaire. L’énergie renouvelable qui serait la moins chère, la plus propre, la plus facile à utiliser et à implanter. «Elle sauvera la planète», écrit le magazine. Selon certaines estimations, l’énergie solaire pourrait croître de 6500%… d’ici 2050. D’après la Solar Energy Association, l’industrie américaine du solaire a connu une croissance annuelle moyenne de 50% depuis une décennie. Et la progression en Chine est encore plus spectaculaire à 100% par an entre 2007 et 2017 et plus de 50% encore en 2018. L’énergie solaire n’a en fait rien de neuf. Elle a été en quelque sorte découverte en 1839 par un jeune physicien français Edmond Becquerel. Il a théorisé l’effet photovoltaïque, le principe qui fait fonctionner les panneaux solaires. Il a découvert à l’âge de 19 ans que de l’électricité peut être produite avec la lumière du soleil. Et puis plus rien ou presque pendant plus d’un siècle. En 1954, un chimiste, Calvin Fuller, un physicien, Gerald Pearson, et un ingénieur, Daryl Chapin, fabriquent la première cellule photovoltaïque. Quatre ans plus tard, les Etats-Unis...

Réaliser la transition énergétique d’ici 2050: «un exercice de pensée magique»

L’expert en énergie du Manhattan Institute, Mark P. Mills, vient de publier une étude qui affirme tout simplement qu’il sera impossible de se passer des énergies fossiles d’ici 2050, un horizon pourtant fixé par des décisions politiques. Son étude s’intitule: «The New Energy Economy: An Exercise in Magical Thinking» (La nouvelle économie de l’énergie: un exercice de pensée magique). Mark Mills explique, chiffres à l’appui, pourquoi il est économiquement, financièrement et technologiquement impossible, selon lui, de se passer des énergies fossiles dans le monde avant la fin du siècle en l’état actuel de nos moyens et de nos capacités techniques. Les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) représentent aujourd’hui plus de 80% de l’énergie consommée dans le monde. Les énergies renouvelables «récentes», éolien et solaire, représentent environ 2% de l’énergie utilisée dans le monde. Pour Mark Mills, il a fallu investir 2000 milliards de dollars depuis deux décennies pour passer de presque rien à 2%. La somme nécessaire pour remplacer les 80% restant par des renouvelables n’est même pas calculable et imaginable, d’autant que la...

Creuser des mines au fond des océans, nouvelle frontière industrielle

L’ONG Greenpeace dénonce dans un rapport de trente pages en date du 3 juillet les dangers que ferait peser sur le «plus important écosystème de la planète» l’exploitation de mines au fond des océans. Pour l’instant, il n’existe aucune mine au fond des océans. Mais 29 licences d’exploration ont été concédées par un organisme des Nations Unies, l’Autorité internationale des fonds marins (ISA), a un certains nombre de pays dont la Chine, la Corée du sud, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Russie. Ces licences  couvrent de vastes étendues dans le Pacifique, l’Atlantique et l’Océan Indien qui représentent 1,3 million de kilomètres carrés. Plusieurs Etats pourraient confier prochainement à des entreprises privées des opérations d’exploration du potentiel minier du fond des océans. L’objectif est avant tout de trouver et éventuellement ensuite d’exploiter des gisements de métaux rares et de terres rares comme le cobalt, le lithium… Pour Greenpeace, cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la vie maritime, détruire le fond des océans qui est assez mal connu et libérer des gaz à effet de serre...

Des chercheurs de Stanford ont créé un algorithme qui rend les éoliennes plus efficaces

Un logiciel peut-il rendre les turbines des éoliennes bien plus productives? La réponse donnée par des chercheurs de l’Université américaine de Stanford est oui. Ils viennent de publier le 1er juillet une étude dans la prestigieuse revue scientifique américaine de l’Académie nationale des sciences. Ils expliquent avoir développé un algorithme pour rendre bien plus efficace l’angle d’attaque des turbines par rapport au vent dans un parc éolien. Les éoliennes ont des mécanismes qui orientent les pales de la turbine face au vent pour qu’elles produisent le plus d’électricité possible. Mais quand il y a plusieurs éoliennes les unes à côté des autres, ce qui est souvent le cas, cela crée des perturbations. L’algorithme développé à Stanford a pris en compte les données relevées pendant cinq ans sur la vitesse du vent, la direction du vent et l’électricité produite par six éoliennes. Ces données ont permis de créer un modèle qui montre que la façon d’obtenir le plus d’énergie est de positionner les pâles de certaines turbines non pas face au vent mais avec un angle de 20 degrés par rapport au vent. Cela a été testé avec succès dans une ferme...

Les Etats-Unis passent aussi aux renouvelables

Donald Trump a eu beau décider de se retirer des accords de Paris de décembre 2015 sur le climat (COP21), la transition énergétique devient aussi une réalité aux Etats-Unis. Les énergies renouvelables ont pour la première fois produit plus d’électricité dans ce pays que le charbon au mois d’avril 2019 selon l’Agence américaine de l’énergie. Les différentes filières renouvelables ont produit près de 68,5 TWh aux États-Unis en avril soit environ 23,2% de la production américaine d’électricité. Dans le même temps, les centrales à charbon ont produit 60,1 TWh soit près de 18% de moins qu’un an plus tôt (73,4 TWh en avril 2018). Le parc éolien américain a en particulier produit 30,2 TWh en avril (un record mensuel pour la filière aux États-Unis), soit davantage que le parc hydroélectrique (25,4 TWh) et bien plus que l’ensemble des installations solaires (6,9 TWh). Le mix électrique américain est en train d’évoluer rapidement. Le charbon est en recul constant. Depuis 2015, près de 47 GW de centrales alimentées par ce combustible ont été fermées. Dans le même temps, le gaz naturel est devenu la première source d’électricité aux États-Unis depuis 2016. Ce combustible a compté pour 35,1% du...

Les Français pas convaincus par la transition énergétique

Une enquête d’opinion Ifop-Primagaz baptisée «Réussir la transition énergétique dans les territoires», réalisée en mai et en juin 2019, montre le scepticisme des Français sur les objectifs du gouvernement de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La majorité des personnes interrogées pense que le pays ne parviendra pas à diviser par six les émissions de CO2 d’ici à 2050. Seulement 40% des Français jugent cet objectif crédible. Ils sont 46% à estimer qu’il ne sera «probablement pas» atteint et 14% à être «certains» qu’il ne le sera pas. Sans surprise, les différences d’opinion sont sensibles selon les générations. Ainsi 54 % des 18-25 ans pensent que l’objectif peut être atteint en trente ans. Cette proportion descend à 41% pour les 25 et 34 ans et à 39% au-delà de 35 ans. Le chauffage au fioul a fait aussi l’objet du sondage notamment parce que Primagaz voit avec la fin annoncée des chaudières au fioul une opportunité de promouvoir le biogaz, surtout dans les territoires. Les réponses illustrent bien l’ambivalence des Français. Ils jugent à 74% que se débarrasser du chauffage au fioul est une bonne chose, mais une large majorité (57%) pense...

La SNCF signe le plus gros contrat en France d’électricité renouvelable

SNCF Energie et Voltalia ont signé mercredi 26 juin le plus gros «Corporate Power purchase Agreement» ou CPA en France. Il s’agit d’un contrat d’achat direct d’électricité renouvelable entre un producteur et un consommateur. Et c’est le premier contrat de ce type conclut par le groupe ferroviaire public. D’une durée de 25 ans, le contrat porte sur une puissance de 143 mégawatts (MW) et devrait assurer entre 3% et 4% de la consommation d’électricité nécessaire à la circulation des trains de SNCF Mobilités dans les années 2022-2023. L’accord figure parmi les dix plus importants d’Europe par son volume de production. Le groupe Voltalia a été fondé en 2005. Il a été repris par la famille Mulliez via son véhicule d’investissement Creadev en 2011. Voltalia connait une croissance rapide et a déjà signé des contrats de long terme au Brésil avec le géant de l’agro-alimentaire BRF et en mai dernier en France avec le distributeur d’électroménager Boulanger pour un volume de 5MW. Voltalia est en train de finaliser une augmentation de capital de 376 millions d’euros. Dans le détail, le contrat lie directement SNCF Énergie (qui fournit SNCF Mobilités) à...

Le stockage de l’électricité devient indispensable

La transition énergétique, le remplacement des sources d’énergies fossiles par des énergies émettant peu ou pas de gaz à effet de serre, a créé une nouvelle industrie et de nouveaux besoins. Une des clés de la réussite de la transition repose sur la capacité de stocker l’électricité dite propre. Parce que par définition, les renouvelables, notamment éolien et solaire, sont intermittents. D’où l’intérêt suscité, par exemple, par la production d’hydrogène à partir d’électricité émettant peu de CO2, renouvelable et nucléaire. Mais les technologies pour le faire sont loin encore d’être matures et efficaces à grande échelle. L’autre possibilité de stockage, en-dehors de remplir les barrages, consiste donc à utiliser des batteries, même si la production de celles-ci pose des problèmes écologiques. En tout cas, le stockage par les batteries est devenu très récemment une activité en pleine expansion. Ainsi, en 2018, 311 mégawatts (MW) and 777 mégawatts-heures (MW-heures) de batteries ont été installés aux Etats-Unis selon Energy Storage Monitor. Et ce n’est qu’un début. Au début du mois, le Gemini Solar Project dans l’Etat du Nevada a annoncé...

Pourquoi, il semble impossible de remplacer tous les véhicules thermiques par des électriques

La Loi d’Orientation des Mobilités votée à l’Assemblée Nationale le 18 juin comporte notamment un article qui stipule la fin de la vente de «véhicules à énergies fossiles carbonées d’ici 2040». Les modèles neufs 100% thermiques seront interdits. Il devrait en être de même pour les hybrides. Est-ce qu’un tel scénario est réaliste ou juste une posture politique? A en croire la lettre envoyée le 3 juin dernier au gouvernement anglais par le Professeur Richard Herrington, qui dirige le département des sciences de la terre au Natural History Museum de Londres, et sept de ses collègues, remplacer tous les véhicules thermiques par des électriques aurait des conséquences très lourdes sur les ressources de la planète en matière premières. Ainsi avoir uniquement des véhicules électriques en 2050 au Royaume Uni… nécessiterait de doubler la production mondiale de cobalt, presque la totalité de la production mondiale actuelle de neodymium, les trois quart de la production mondiale de lithium et la moitié de la production de cuivre. Uniquement pour le Royaume-Uni! «Le besoin urgent de réduire les émissions de CO2 pour assurer l’avenir de la planète est clair. Mais il y a des...

Les biocarburants peinent à s’imposer dans le transport aérien

Un Boeing ou un Airbus consomme en moyenne en vol 4 litres de carburant par seconde. Avec quelques centaines de passagers, cela revient à 25 kilomètres par litre et par passager. C’est une meilleure performance que la plupart des voitures, mais les distances parcourues sont bien plus grandes. La consommation de kérosène par l’aviation civile dans le monde était de 430 milliards de litres en 2017, environ 8% de la production totale d’hydrocarbures. Et cela pourrait doubler ou même tripler d’ici 2050 si la démocratisation du transport aérien se poursuit au rythme actuel. D’autant que le kérosène est très compétitif. Techniquement très proche du diesel, il coûte bien moins cher à seulement 50 centimes d’euros par litre en moyenne. Sans surprise, le kérosène est devenu une source grandissante d’émissions de gaz à effet de serre, même si il ne représente que 2% à 3% du total à environ 850 millions de tonnes de CO2 par an. Mais il faut trouver un moyen de réduire ses émissions et il existe peu de solutions réalistes techniquement comme économiquement aujourd’hui. Les avions électriques et même hybrides ne sont que des maquettes et des prototypes. Il est...