Transitions & Energies

La France a évité un black out le 7 octobre dernier

En dépit des incantations réclamant toujours plus d’énergie solaire et éolienne, les limites physiques de la production d’électricité par les renouvelables posent de sérieux problèmes. L’Allemagne en fait l’expérience depuis...

Le retour du radiateur électrique

Le secteur du bâtiment et celui de la chaleur sont au même titre que le transport et l’industrie, un des domaines clés de la transition énergétique. Le parc immobilier français est chaque année responsable de l’émission de 120 millions de tonnes de...

La révolution électrique ne peut pas se passer du gaz à effet de serre le plus nocif

L’hexafluorure de soufre ou SF6 est un gaz inerte utilisé intensivement dans l’industrie électrique pour éviter les courts circuits, les accidents et les incendies. Il s’agit d’un excellent isolant électrique et d’un...

Les articles de la catégorie Renouvelable

La consommation d’énergie augmentera de 50% dans le monde d’ici 2050

L’Energy Information Administration (EIA) américaine a publié le 24 septembre ses prévisions sur l’énergie dans le monde d’ici 2050. Une étude annuelle intitulée International Energy Outlook 2019. Le rapport de 170 pages souligne que le principal obstacle à la transition vers des sources d’énergies émettant moins de gaz à effet de serre est l’augmentation rapide de la consommation d’énergie dans le monde. Elle est liée à deux éléments majeurs: l’amélioration du niveau de vie, notamment en Asie, et, dans une moindre mesure, la poussée démographique en Afrique. Selon le scénario de référence de l’EIA, la consommation mondiale d’énergie primaire pourrait ainsi augmenter de 46,9% entre 2018 et 2050. Plus de la moitié de cette demande supplémentaire proviendrait des pays asiatiques en cours de développement. La consommation énergétique de ce «groupe incluant la Chine et l’Inde» pourrait doubler d’ici le milieu du XXIème siècle. «Forte croissance économique… et une croissance démographique rapide» La forte hausse de la demande d’énergie dans l’ensemble des pays «hors OCDE» (+70% entre 2018 et 2050) s’explique par «une forte croissance...

Greta Thunberg se trompe de cible

Les militants écologistes, qui sont derrière l’extraordinaire succès médiatique et diplomatique de Greta Thunberg, ont décidé de mener aussi sur le terrain juridique le combat contre les gouvernements accusés d’irresponsabilité. Ainsi, un panel de seize jeunes venus de douze pays et âgés de 8 à 17 ans, dont Greta Thunberg, a annoncé le 23 septembre le dépôt d’une plainte contre cinq pays «pollueurs», à savoir l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil, la France et la Turquie. Les avocats du cabinet international Hausfeld, qui ont monté l’opération avec la bénédiction de l’Unicef, entendent  caractériser juridiquement «l’inaction» des dirigeants de ses pays comme une atteinte à la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant. Cette convention est un traité international adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989. Au total, 197 pays l’ont ratifiée il y a 30 ans, s’engageant à protéger la santé et les droits des enfants. Mais la plainte n’est juridiquement possible que dans le cadre d’un «protocole optionnel» de la convention, signé fin 2011 et entré en vigueur en 2014. Il autorise des enfants à...

Face au réchauffement climatique, la reforestation n’est qu’une partie de la solution

Planter près d’un milliard d’hectares d’arbres dans le monde constituerait l’ instrument le plus efficace et le plus économique» pour combattre le changement climatique, avance une récente étude parue en juillet dans la revue Science. Les chercheurs y affirment que la reforestation pourrait capter 205 gigatonnes du carbone présent dans l’atmosphère – soit ce que nos émissions mondiales actuelles produiraient sur vingt ans. Mais les critiques estiment ce résultat exagéré, voire dangereux. Si l’article en lui-même ne comporte pas de calculs financiers, les chercheurs estiment toutefois que, dans le meilleur des cas, planter des arbres sur 0,9 milliard d’hectares coûterait quelque 300 milliards de dollars. C’est-à-dire 40 centimes américains par tonne de CO2 captée. Mais des études plus détaillées sur le coût de l’élimination du carbone par la reforestation dessinent un scénario plus proche de 20 à 50 dollars américains par tonne; une telle estimation demeurant peut-être trop optimiste à de telles échelles. Notre recherche suggère que toutes ces promesses menacent en réalité l’adoption de mesures significatives pour lutter contre le changement climatique. Nous l’expliquons par ce que nous appelons la...

Nous devons changer la façon dont nous produisons de la chaleur

Pour réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre, il ne faudrait pas s’attaquer en priorité au transport, mais à la production de chaleur. La moitié de la consommation d’énergie dans le monde est consacrée à la production de chaleur, pour les habitations avant tout et aussi dans l’industrie. La majeure partie de cette chaleur est produite en brûlant des carburants fossiles. Il y a eu très peu de progrès dans ce domaine au cours des dernières années. Pour le World Economic Forum, l’explication est malheureusement assez simple. Les systèmes de production de chaleur dans le monde sont difficiles à changer. Parce qu’ils sont implantés dans les infrastructures existantes et qu’il est très coûteux de le faire. Et parce qu’ils correspondent aux habitudes de vie. En plus, ils sont très souvent subventionnés par les gouvernements. Des millions et des millions de foyers utilisent des moyens de chauffage fonctionnant avec des énergies fossiles. Ce n’est pas un hasard non plus explique le World Economic Forum si les ONG et les mouvements écologistes concentrent leurs attaques sur les compagnies pétrolières multinationales et sur les centrales...

Le réchauffement pose un sérieux problème aux panneaux solaires

Cela peut sembler paradoxal, mais les panneaux photovoltaïques n’apprécient pas vraiment les grandes chaleurs. Si les phénomènes de canicules se multiplient, cela pourrait avoir un impact non négligeable sur la production d’électricité solaire dans le monde. Car si le rayonnement solaire fait fonctionner les panneaux, la chaleur détériore leurs performances et il est difficile de les refroidir. L’explication simple est que plus la température est élevée, plus les photons traversent les cellules photovoltaïques arrachant au passage des électrons aux atomes de silicium et réduisant la production d’électricité. Sous des températures ambiantes de 35 degrés, les cellules peuvent atteindre 80 degrés en surface et perdre jusque 30% de leur rendement. Un panneau photovoltaïque dont la température de surface dépasse 25 degrés perd 0,45% de rendement par degré supplémentaire. Et les rendements des panneaux solaires atteignent déjà difficilement les 20%. Ainsi, lors du pic de consommation d’été, en pleine canicule, du 24 juillet, le parc solaire français, d’une puissance théorique maximale de 8.612 MWh n’a pu produire que 6.100 MWh. Dans une étude publiée sur la plateforme arXiv, deux...

Carbone: l’hypocrisie des donneurs de leçons

Greta Thunberg, la passionaria suédoise de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, n’a pas pris l’avion pour se rendre aux Etats-Unis et participer le 23 septembre au sommet mondial sur le climat organisé par le Secrétaire général de l’ONU. Pour aller à New York, elle voyage à bord d’un voilier de course ultra sophistiqué, le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, le fils cadet de la princesse Caroline de Monaco. Une opération de communication visant à dénoncer les gaz à effet de serre émis par le transport aérien, qui tourne depuis quelques jours au fiasco… Cinq membres d’équipage se rendront en avion à New York pour ramener le bateau, écrit le journal allemand Die Tageszeitung. Le skipper rentrera lui aussi en Europe… en avion. Si Greta Thunberg et son père s’étaient rendus à New York en avion, deux billets auraient suffi. Greta Thunberg et la famille princière monégasque ne sont pas des cas isolés de moralisateurs pris soudain en flagrant délit d’hypocrisie. Dans la famille royale britannique, le Prince Harry et la Princesse Meghan Markle ont provoqué le même type de controverse en donnant des leçons publiques sur le changement climatique tout en...

Transition: les engagements à long terme des gouvernements ont peu de valeur

Si vous êtes un élu ou un dirigeant politique accusé de ne penser qu’aux moyens de rester au pouvoir, la meilleure recette pour prouver que vous êtes un visionnaire et que vous préparez l’avenir est de fixer de grands et ambitieux objectifs politiques et surtout environnementaux. Mais ils seront atteints suffisamment tard dans l’avenir pour être sûr que vous ne serez plus depuis longtemps aux responsabilités et leur réussite dépendra de tellement de facteurs qu’un échec ne pourra même pas vous être attribué. Telle est la thèse de la récente chronique de Leonid Bershidsky pour l’agence Bloomberg. Il faut dire qu’elle correspond plutôt fidèlement aux engagements forts et solennels pris en matière de transition énergétique dans toute l’Europe. Leur traduction dans la réalité tarde souvent à se manifester et la plupart du temps, les moyens d’y parvenir n’existent pas… aujourd’hui. Ainsi, pas moins de 13 pays ont annoncé qu’ils entendaient interdire les véhicules utilisant des carburants fossiles entre 2030 et 2040. La France en fait partie et l’Assemblée nationale a voté le 12 juin 2019 une loi interdisant la vente de tout...

La transition énergétique pourrait encore affaiblir l’industrie française

La transition vers les énergies renouvelables et les voitures électriques va être une nouvelle épreuve pour l’industrie française prévient l’économiste Patrick Artus dans Le Point. Une industrie, qui ne fabrique pas la moindre batterie de véhicule électrique, en dépit du très tardif et très médiatique lancement de «l’Airbus de la batterie». Une industrie, qui n’existe pas ou plus dans la production des turbines des éoliennes et dans celle des panneaux solaires. Pour ce qui des batteries pour véhicules électriques, c’est toute l’Europe qui est en retard. La part de marché européenne dans la production de cellules pour batteries lithium-ion est inférieure à 3%. Les cellules comptent pour 70% du prix d’une batterie ce qui représente environ 35% de la valeur totale d’un véhicule électrique. C’est son composant essentiel et sa production est aux mains en quasi totalité de grands groupes asiatiques. Le Japonais Panasonic et le Sud-Coréen LG Chem sont les leaders suivis de près par Samsung, un autre Sud-Coréen, et du Chinois CATL. Et tout cela sans parler du quasi-monopole chinois sur les métaux et les terres rares nécessaires à la fabrication des mêmes batteries. Sursaut...

La transition, bien plus compliqué que d’aller sur la lune

Il y a maintenant tout juste un peu plus de 50 ans, Neil Armstrong a fait son fameux petit pas sur la surface poussiéreuse de la lune et accomplit ainsi la mission que lui avait confié le Président John F. Kennedy en 1961. A savoir que les Etats-Unis enverraient un homme sur la lune avant la fin de la décennie. Un objectif atteint cinq mois et demi avant l’échéance. La conquête de la lune est peut être la plus grande réussite technologique de l’histoire de l’humanité et a eu un impact considérable ensuite en accélérant le développement de l’informatique, de nouveaux matériaux et même sur la façon de conserver les aliments. Mais comme le souligne un intéressant article du magazine Forbes, au début des années 1960, les administrations Kennedy et ensuite Johnson s’étaient données un autre objectif très ambitieux, mettre fin à la pauvreté aux Etats-Unis.  Ils n’y sont pas parvenus… Car combattre la pauvreté ne nécessite pas seulement des moyens et de la technologie, c’est un problème ayant des dimensions sociologiques, psychologiques, économiques et politiques. Et elles sont bien plus difficiles à résoudre que de surmonter des difficultés, aussi grandes...

La France ne veut pas de l’éolien marin

L’éolien marin se développe depuis des années au Royaume-Uni, dans toute l’Europe du nord, aux Pays-Bas et en Allemagne, mais n’existe pas en France tant il se heurte à des résistances. On compte aujourd’hui près de 6.000 éoliennes terrestres en France et seulement… une éolienne flottante, un prototype installé au large de Nantes en 2018. En 2010, un rapport parlementaire soulignait que, pour mettre en oeuvre les conclusions du Grenelle de l’Environnement, il faudrait installer 9.000 éoliennes en France avant 2020, dont quelque 1.200 en mer. A ce jour, aucune machine en mer n’est opérationnelle! Le Royaume-Uni compte à lui seul 1.900 éoliennes offshore, l’Allemagne 1.300 et le Danemark plus de 500. En mer du Nord, les éoliennes produisent l’équivalent de 18 réacteurs nucléaires de type EPR. On peut donc parler d’un véritable blocage en France En 2011, tandis que neuf pays européens avaient déjà installés une cinquantaine de parcs offshore, la France lançait ses premiers appels d’offres. Mais c’est seulement début 2016 que les projets de parcs éoliens au large de Saint-Nazaire, de Courseulles-sur-mer et de Fécamp recevaient un avis favorable des commissions...

La canicule réduit les performances des renouvelables comme du nucléaire

Les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires n’apprécient pas vraiment la canicule. Si les pics de chaleur se multiplient dans l’année, cela pourrait finir par avoir un impact sur la capacité de production d’électricité en France. Même si la demande en été reste sensiblement inférieure à celle de l’hiver, la climatisation n’a pas l’impact du chauffage et la demande industrielle est plus faible. Pour autant, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a annoncé que des pics de consommation estivale ont été atteints mercredi 24 et jeudi 25 juillet dans l’après-midi. Les climatiseurs et les ventilateurs ont tout de même eu un impact. Le pic s’est situé mercredi à 59.715 mégawatts heure et n’a pas été dépassé jeudi. La capacité de production était de toute façon largement suffisante, avec 68.000 MWh à disposition. Dans le détail, 38.000 MWh de nucléaire, 2.500 MWh d’éolien, 6.000 MWh de solaire, 11.000 MWh d’hydraulique, 6.000 MWh de gaz et 4.500 MWh d’autres sources de production thermique (charbon, fuel). La baisse d’activité des centrales hydroélectriques dans les périodes...

Greta Thunberg, une très mauvaise réponse à de bonnes questions

Les prophètes de l’apocalypse et les activistes de l’urgence climatique ont trouvé leur parfaite égérie. La Jeanne d’Arc du CO2. Inattaquable car insoupçonnable de ne pas être sincère quand elle accuse les adultes d’être irresponsables. Une enfant brillante de 16 ans, pétrie de certitudes et d’angoisses dont les problèmes psychiatriques ont été rendus publics par ses parents… Elle débite depuis des mois avec un visage angélique et une conviction inébranlable un discours accusateur, simpliste et répétitif. Greta Thunberg croit sans doute sincèrement à la fin du monde en témoignent les propos tenus à l’Assemblée Nationale le 23 juillet et six mois plus tôt, le 25 janvier, devant le World Economic Forum: «Pourquoi étudier pour un futur qui bientôt n’existera plus?» Elle est à la mode comme le sont les collapsologues de tous poils. Ils font peur. Ils font vendre. Ils sont issus d’une longue lignée dans l’histoire humaine qui nous promet à intervalles réguliers les flammes de l’enfer si nous ne nous lavons pas de nos péchés. La rationalité, les faits, la science, la compétence sont balayés par l’avalanche médiatique, le militantisme...