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Et si le bonus malus était indexé sur le poids des véhicules

Et si le bonus malus était indexé sur le poids des véhicules

France Stratégie, organisme d’études et de prospective dépendant du bureau du Premier ministre, a publié un rapport le 20  juin sur les moyens de faire baisser les émissions de CO2 des véhicules. La proposition la plus originale consisterait à mettre en place un bonus-malus indexé sur le poids des voitures.

France Stratégie s’inspire d’une politique mise en place en Norvège, le pays où les voitures électriques à batteries représentaient l’an dernier plus de 49% des ventes de véhicules neufs. Les subventions massives y sont pour beaucoup, financées notamment par les exportations de gaz… En Norvège, les acheteurs d’une voiture électrique sont exemptés de TVA, de frais d’immatriculation, de vignette annuelle, de péages sur les autoroutes, empruntent gratuitement les ferrys et se garent sans frais dans les parkings municipaux. Ils peuvent même circuler sur les voies de bus… aujourd’hui embouteillées.

Si la Norvège est un cas particulier, taxer les véhicules les plus lourds peut-être un bon moyen pour limiter la tendance des constructeurs à vendre des véhicules toujours plus grands et plus lourds et pour enrayer la mode contestable des SUV. En Norvège, une Audi Q7 de plus de deux tonnes, est soumise à une taxe de 20.000 euros à son immatriculation quand une Smart d’une tonne ne paye que 1000 euros de taxe.

Pour France Stratégie, «le poids intervient dans trois des quatre résistances à l’avancement d’une voiture: la traînée de roulement, l’énergie potentielle et l’inertie lors des accélérations. Que la voiture soit thermique ou électrique, il convient donc avant tout de minimiser son poids pour minimiser sa consommation énergétique».

L’étude considère donc qu’«un bonus-malus indexé sur les émissions de CO2 comme aujourd’hui, mais aussi sur le poids du véhicule, comme c’est le cas en Norvège, contribuerait à dissuader les ménages aisés d’acheter des voitures toujours plus grosses et plus lourdes».

Coïncidence, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) vient juste de publier une étude qui accuse directement les SUV (36,26% des ventes de voitures neuves en 2018 en France contre 32,37% en 2017) d’être responsables de l’augmentation des gaz à effet de serre

Mais comme toujours, ce n’est pas si simple. Un malus sur les véhicules les plus grands et les plus lourds reviendrait aussi à pénaliser les familles nombreuses et les utilitaires des commerçants et artisans. De plus, si les émissions moyennes de CO2 qui avaient baissé constamment depuis les années 2000 sont reparties à la hausse depuis 2016, c’est avant tout la conséquence du recul du diesel voulu par les pouvoirs publics… Ces derniers avaient pourtant favorisé, notamment fiscalement, cette motorisation pendant des décennies…

Selon les derniers chiffres publiés en mai par le Comité des Constructeurs Français d’Automobile (CCFA), les émissions sont passées de 110 grammes de CO2 par kilomètre en moyenne en 2017, à 114 grammes en 2018, et 112 grammes en mai 2019.

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