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Un bioréacteur fonctionnant avec des algues absorbe 400 fois plus de CO2 que les arbres

Un bioréacteur fonctionnant avec des algues absorbe 400 fois plus de CO2 que les arbres

Dans quelques années, votre bureau pourrait bien être équipé d’un nouvel appareil à coté de la photocopieuse et de la machine à café. Un bioréacteur fonctionnant avec des algues. Le prototype (voir la photographie ci-dessus) a la taille d’une armoire. On peut l’installer dans les bureaux ou sur le toit des immeubles et il peut capturer autant de carbone dans l’atmosphère qu’un acre (4 000 mètres carrés) d’arbres.

La capacité des algues à absorber le CO2 est considérée comme une des plus puissantes armes technologiques pour limiter la présence de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Et la société américaine Hypergiant Industries en a fait un outil efficace et facile à utiliser.

«Ce qu’il y a d’incroyable avec les algues, c’est qu’elles sont très peu chères et qu’il est facile de les faire se développer. Elles ont seulement besoin de soleil, de CO2 et d’eau», explique Ben Lamm, le Pdg et le fondateur d’Hypergiant Industries. Cette société de technologie, spécialisée dans l’intelligence artificielle, a appelé son prototype Eos Bioreactor.

Comme les algues grandissent beaucoup plus rapidement que les arbres, elles absorbent du CO2 bien plus vite. Le bioréacteur, qui optimise via l’intelligence artificielle la photosynthèse et la capacité des algues à capturer le carbone, peut en récupérer environ deux tonnes par an dans l’atmosphère. Une efficacité 400 fois supérieure à celle des arbres selon Hypergiant Industries.

Facile à installer et à utiliser

Le réacteur utilise une espèce particulière d’algues vertes microscopiques appelée chlorella vulgaris qui absorbe plus de CO2 qu’aucune autre plante. Ces algues se trouvent dans un système de tubes installés dans un réservoir d’eau. Elles sont exposées en permanence à une lumière artificielle et alimentées en CO2 par un flux d’air pompé à l’extérieur. Cela leur permet de se développer très rapidement et en permanence. Elles peuvent ensuite être transformées en aliments, en cosmétiques, en fertilisants… ou en biocarburants.

Hypergiant Industries n’est pas la première société à utiliser des algues pour séquestrer le carbone se trouvant dans l’atmosphère. En Allemagne, à Hambourg, un immeuble utilise des algues sur sa façade pour lui fournir de l’énergie. Mais Hypergiant Industries, qui a développé des système d’intelligence artificielle pour l’aviation, la conquête spatiale et l’industrie de la défense, a vu une opportunité d’utiliser son savoir-faire pour créer un outil très flexible utilisant les algues. Il est adapté à de nombreux environnements, facile à installer et à utiliser.

«Il n’y a rien de nouveau dans l’idée de faire pousser des algues pour séquestrer le carbone. Et une poignée de bioréacteurs ne va pas changer à elle seule la question climatique», reconnait Ben Lamm à Fast Company. «Pour que cela fonctionne nous devons voir cela comme le commencement d’une nouvelle forme hyper locale et décentralisée de chaîne d’approvisionnement. Nous devons la raccorder à un autre ensemble d’initiatives qui ont le potentiel pour changer dramatiquement la façon dont les objets sont fabriqués, transportés et consommés, surtout dans les grands centres urbains. Nous voulons que les villes, les sociétés et les personnes adoptent cette technologie non pas seulement parce que c’est la bonne chose à faire mais parce qu’elle est moins chère et plus pratique que les alternatives», ajoute-t-il.

Hypergiant Industries travaille sur une application mobile pour gérer et contrôler de façon autonome leurs bioréacteurs. Ils projettent de les mettre sur le marché en 2020.

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