Une vague de froid a touché la France et l’Europe au début de la semaine. La carte de l’enneigement européen ci-dessous en témoigne.

L’Europe sous la neige. Source: OpenStreetMap.
Et cela s’est traduit par une augmentation significative de la consommation d’électricité en France. Comme disent les spécialistes, la demande d’électricité française est thermo sensible. Résultat, le 6 janvier au matin, la consommation d’électricité a atteint un niveau inédit depuis huit ans avec un pic de 90,291 gigawatts (GW). On reste loin du record absolu de consommation de 2012 de plus de 102 GW, mais cela est tout de même très significatif puisque ce niveau n’avait plus été atteint depuis février 2018.
Cet épisode exceptionnel permet de tirer quelques enseignements sur les capacités de production d’électricité de la France dans des conditions hivernales. Rappelons que l’an dernier le pays a battu des records d’exportations d’électricité. Une production d’électricité qui était, toujours en 2025, décarbonée à 95% pour la deuxième année consécutive, ce qui est une performance remarquable. Seuls des pays ayant des ressources hydrauliques et géothermiques très importantes, comme la Norvège, l’Islande, la Suède ou la Finlande affichent des performances du même ordre.
Donc en France, le 6 janvier au matin très précisément à 10 heures 15, voir les deux graphiques ci-dessous, l’essentiel de la demande très élevée d’électricité était satisfait, en incluant les importations qui ont été alors importantes (ce que ne fait pas RTE dans son infographie), par la production nucléaire (58,5%), hydraulique (16%), le gaz (10%), les importations donc (7,5%) et très marginalement par le solaire (4%) et l’éolien (2%).

Pointe consommation électricité France 6 janvier 2026 à 10 heures 15. Source: RTE.

Origine production électricité France 6 janvier 2026 10 heures 15. Source: RTE.
Cela montre, une fois de plus, qu’en période de pointe de consommation d’électricité en hiver les capacités renouvelables intermittentes ne servent presque à rien. Il y a à cela des raisons météorologiques évidentes qui échappent pourtant aux auteurs et promoteurs de la PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3). Un document qui stipule des investissements massifs dans les renouvelables intermittents. Par définition en hiver, l’ensoleillement est faible et limité à quelques heures par jour. Et par ailleurs, quand le froid s’installe en Europe et en France, c’est la plupart du temps lié à la présence d’un anticyclone qui se traduit par une faiblesse des vents. Une réalité météorologique qu’il est difficile de contester…
Il faut souligner du coup, toujours le 6 janvier à 10 heures 15, la différence entre les productions provenant des différentes sources d’énergie par rapport à leurs capacités installées même si cela fait beaucoup de chiffres. Le parc nucléaire produisait 52,7 GW pour un potentiel de 63 GW, soit 84% de celui-ci, l’hydraulique 14,2 GW pour un potentiel de 25,5 GW, soit 56%, les centrales à gaz 9 GW pour un potentiel de 12,5 GW, soit 72%, le photovoltaïque 3,5 GW pour un potentiel de 28,8 GW, soit 12% et l’éolien 2 GW pour un potentiel de 25,5 GW soit 8%.
Et pour ce qui des importations, elles provenaient le 6 janvier à 10 heures 15, d’Espagne (2,8 GW), d’Italie (2,2 GW), de Suisse (1,4 GW) et même un peu d’Allemagne (0,3GW).














