<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Le succès planétaire de l’air conditionné a un impact de plus en plus important sur la consommation d’électricité et les émissions de CO2

10 juin 2026

Temps de lecture : 3 minutes
Photo : Northeastern University air conditioner Wikimedia Commons
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Le succès planétaire de l’air conditionné a un impact de plus en plus important sur la consommation d’électricité et les émissions de CO2

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La multiplication des vagues de chaleur, l’urbanisation et le développement économique, notamment dans les pays du Sud, conduisent à un développement rapide des climatiseurs dans le monde. Cela permet évidemment de préserver la santé des populations exposées à des températures élevées et de sauver des vies, mais cela se traduit aussi par une augmentation de la consommation d’électricité et dans de nombreux pays par une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et donc… une accélération du réchauffement. Une contradiction difficile à surmonter.

Un peu partout dans le monde et à mesure que les températures deviennent caniculaires en été de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps, un nombre croissant de personnes s’équipe en appareils de climatisation. Cette évolution permet évidemment de préserver la santé des populations exposées à ses températures élevées et de sauver des vies. Elle se traduit également par une augmentation sensible de la consommation d’électricité l’été et a aussi pour conséquence de faire grimper les émissions de gaz à effet de serre dans les pays qui dépendent encore fortement des combustibles fossiles, comme la Chine, l’Inde et les Etats-Unis, pour produire de l’électricité.

C’est ce que montre un rapport publié l’an dernier par le think tank Ember. Il souligne que les épisodes de chaleur extrême de 2024 en Inde, en Chine et aux États-Unis – les trois plus grands marchés de l’électricité – ont entraîné une forte augmentation de l’utilisation de climatiseurs et ont même multiplié par deux la demande d’électricité pendant quelques mois.

7% de la consommation mondiale d’électricité en 2024

Dans les pays où la climatisation est courante, les habitants utilisent de plus en plus leurs systèmes de climatisation pour faire face aux températures estivales plus élevées. Et parallèlement, de plus en plus de consommateurs, notamment dans les pays du Sud, investissent dans des systèmes de climatisation, en phase avec la croissance économique et l’urbanisation.

Selon des chiffres de 2024, la climatisation a représenté environ 7% de la consommation mondiale d’électricité et 3% des émissions de carbone.

Ember souligne également que l’augmentation de la production d’électricité l’été se fait souvent  avec des centrales à charbon. C’est le cas notamment en Chine, qui est de loin le plus grand consommateur et producteur de charbon au monde. L’utilisation de la climatisation a doublé la consommation en électricité du pays en août et en septembre 2024 et 59% de la croissance annuelle de la production d’électricité à partir du charbon en Chine s’est concentrée sur les seuls mois d’août et de septembre.

De la même façon, en Inde le charbon a couvert environ 70% de l’augmentation de la demande en électricité en mai 2024.

45% de la population mondiale pourrait posséder un climatiseur d’ici 2030

Aux Etats-Unis, la consommation provenant de la climatisation a représenté la totalité de l’augmentation de la demande d’électricité entre 2024 et 2023. Elle n’a pas été couverte par du charbon mais essentiellement par des centrales à gaz et également des éoliennes et du solaire.

Cet impact de la climatisation sur la consommation d’électricité ne peut qu’augmenter au cours des prochaines années. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le nombre de climatiseurs résidentiels en service a triplé depuis 2000, pour atteindre plus de 1,5 milliard en 2022. Ce chiffre ne va cesser d’augmenter et plus de 45% de la population mondiale pourrait posséder un climatiseur d’ici 2030, contre 37% en 2023.

Selon une autre étude plus récente, publiée en février 2026 dans la revue scientifique Nature, d’ici 2050 l’utilisation de la climatisation devrait plus que doubler. Les régions les plus exposées à la hausse des températures, telles que l’Asie du Sud et l’Afrique, sont actuellement celles qui ont le moins accès à la climatisation. À l’inverse, les régions plus riches, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, ont des besoins en refroidissement moins importants, mais un recours plus élevé à la climatisation.

Produire plus d’électricité décarbonée

Selon le principal auteur de l’étude, Hongzhi Zhang de l’Institut de technologie de Pékin : « l’étude révèle que si toutes les régions à faibles revenus bénéficiaient du même accès à la climatisation que les régions riches, les émissions mondiales associées augmenteraient considérablement, entraînant un réchauffement supplémentaire de 0,05 °C, même dans le scénario le plus favorable au climat ».

Mais demander aux consommateurs de réduire l’utilisation de la climatisation ou de recourir à d’autres méthodes de refroidissement des bâtiments et des logements est illusoire. Sauf pour quelques militants, surtout en France et en Europe, qui ont tendance à prendre leurs désirs pour la réalité. Le seul moyen d’empêcher l’augmentation des émissions résultant de l’utilisation accrue de la climatisation consiste donc à produire en plus grandes quantités de l’électricité décarbonée (renouvelable et nucléaire). L’électricité produite en France est déjà décarbonée à plus de 95% et elle est surabondante, potentiellement supérieure d’au moins 20% à la demande intérieure.

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