Deux évènements récents de l’actualité énergétique démontrent encore et encore les incohérences, les mensonges et le gaspillage insensé d’argent public résultant de la politique énergétique menée par le gouvernement Lecornu. Les Français, consommateurs, contribuables et producteurs, n’ont pas fini d’en payer la facture. Les deux actualités sont la décision allemande d’arrêter de subventionner outrageusement les renouvelables intermittents (éolien et solaire), un virage à 180 degrés de sa politique énergétique. Et le chiffrage quelques jours plus tôt par la Commission européenne du coût que pourrait représenter pour les finances publiques de la France le programme Lecornu d’accélération des investissements dans l’éolien marin (11 parcs), soit 63 milliards d’euros sur 25 ans. Un argent qu’évidemment la France n’a pas et des investissements totalement inutiles, du gaspillage par excellence, dans une production dont le pays n’a pas le moindre besoin et qui est extrêmement coûteuse pour le contribuable donc… et le consommateur.
Au passage, le gouvernement est pris, une fois encore, la répétition devient particulièrement lassante, en flagrant délit de mensonge sur les coûts de sa politique énergétique. Selon la PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3), publiée par décret en février dernier pour éviter tout débat parlementaire qui l’aurait descendu en flammes comme toutes les autorités scientifiques du pays (Académie des Sciences, Académie des technologies, Haut -Commissaire à l’énergie atomique…), le coût des 10 GW de capacités éoliennes marines dont la construction a été annoncée (paquet d’appels d’offres dit A.O.10) aurait dû représenter 30 milliards d’euros. En fait, la facture réelle validée par Bruxelles, 63 milliards d’euros d’aides publiques, est plus de deux fois supérieure à ses projections. Pour un pays dont le principal problème économique aujourd’hui est la gestion calamiteuse de ses finances publiques…
L’Allemagne renonce à la trop fameuse Energiewende
On se souvient aussi de Roland Lescure, le ministre de l’Economie, et Maud Brégeon, la ministre de l’Energie, qui accusaient l’opposition de « dire n’importe quoi » sur les coûts réels de la PPE3. On ne les a pas entendus sur les calculs de la Commission européenne. Car les chiffres de la PPE3 étaient délibérément trompeurs. On peut même considérer que les décisions publiques sur l’éolien maritime sont entachées d’illégalité…
Pendant ce temps-là, à front renversé, l’Allemagne, elle, renonce à sa politique énergétique, la trop fameuse Energiewende, qu’elle a imposé à toute l’Europe et qui a mené son économie au désastre. Elle a décidé de ne plus subventionner les énergies renouvelables intermittentes (éolien et solaire) tandis que la France accélère elle les appels d’offre pour des raisons purement politiques, rendre irréversible avant l’élection présidentielle de 2027 la construction de parcs éoliens marins dont le pays n’a nul besoin et qui est la forme la plus coûteuse de loin de production d’électricité renouvelable intermittente.
La France subventionne l’électricité des autres économies européennes
Rappelons pour la centième fois que la France produit en surabondance une électricité décarbonée à plus de 95%… Et cette production est supérieure d’au moins 20% aux besoins du pays ce qui se traduit par des exportations massives vers nos voisins, notamment Allemands, Italiens, Espagnols, Suisses, Britanniques, Belges… même à des tarifs dérisoires. Cela revient de fait à ce que la France, ses contribuables et ses consommateurs, subventionne l’électricité des autres économies européennes… Et cela n’empêche nullement le gouvernement, qui à force de faire uniquement de la communication a perdu tout sens de la mesure et des réalités, de se féliciter du niveau record des exportations d’électricité.
Pour en revenir à l’Allemagne, qui a dicté la politique énergétique de l’Europe depuis deux décennies, le tout renouvelable, avec le soutien actif des institutions européennes et avec pour conséquence une envolée permanente des coûts de l’énergie en Europe, elle a fini par admettre la réalité. Le pays aura dépensé près de 800 milliards d’euros dans sa révolution énergétique, son Energiewende, pour des résultats désastreux. Les prix de l’électricité sont devenus parmi les plus élevés en Europe et dans le monde, l’industrie allemande s’effondre et les gains en termes d’émissions de gaz à effet de serre ne sont pas au rendez-vous. Car quand on privilégie massivement les éoliennes et le solaire photovoltaïque et qu’on abandonne simultanément le nucléaire, il faut bien produire l’électricité quand il n’y a pas de vent et pas de soleil (la nuit par exemple). Et cela se fait avec des centrales au charbon et à gaz. Les centrales à charbon sont les plus émettrices de CO2 et de polluants atmosphériques (particules fines) qui soient et celles à gaz nécessitent l’importation massive de GNL (Gaz naturel liquéfié) dont le marché mondial manque cruellement depuis la fermeture du détroit d’Ormuz.
Des coûts supportés par la collectivité « que l’électricité soit nécessaire ou pas »
Conclusion logique, la ministre allemande de l’Economie, Katherina Reiche, a décidé de « responsabiliser davantage les énergies renouvelables ». Il faut dire que l’État allemand dépense entre 15 et 17 milliards d’euros annuellement pour soutenir les énergies renouvelables qui bénéficient de prix garantis et d’une garantie de vente de leur production qui est prioritaire… comme en France. En France, selon les calculs de la Commission de régulation de l’énergie, le soutien à l’électricité renouvelable produite uniquement en métropole coûtera 7,29 milliards d’euros en 2026, puis 8,38 milliards en 2027 au budget de l’Etat. C’est une aberration économique et énergétique que souligne outre-Rhin Katherina Reiche. « Les coûts sont actuellement supportés par la collectivité, que l’électricité soit nécessaire ou pas ».
En Allemagne, les subventions aux parcs éoliens et solaires seront donc supprimées et les nouvelles installations devront vendre leur électricité directement sur le marché et construire un modèle économique qui ne dépende pas des aides sans limites du budget de l’Etat. Plus elles produisent, plus elles peuvent bénéficier de subventions. Par ailleurs, Katherina Reiche souhaite aussi lier le développement des installations renouvelables à la modernisation et au renforcement du réseau de transport de l’électricité qui permet d’acheminer cette électricité au consommateur quand il en a besoin. Il était temps… La fédération de l’industrie allemande (BDI) s’est d’ailleurs félicitée « des impulsions importantes et depuis longtemps nécessaires en faveur d’un système énergétique efficace et compétitif ».













