Transitions & Energies

Seule l’Europe fait des efforts pour réduire ses émissions de CO2

La réalité en matière de réduction dans le monde des émissions de gaz à effet de serre est assez différente des engagements signés de la COP21, des discours volontaristes et des promesses. La très grande majorité des pays qui ont signé...

Les renouvelables ont besoin du gaz naturel

Pendant des décennies, le gaz naturel a été le parent pauvre du pétrole. Il n’a pas comme l’or noir permis l’ascension de fortunes et de dynasties, comme celles des Rockfeller ou de la famille royale saoudienne. Il n’a pas...

Pourquoi le monde ne parviendra pas à réduire les émissions de CO2 de moitié d’ici 2030

L’an dernier, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), écrivait que «limiter le réchauffement climatique à 1,5°C nécessite des changements rapides, profonds et sans précédents dans tous les aspects de la...

Les articles de la catégorie Renouvelable

Le réchauffement pose un sérieux problème aux panneaux solaires

Cela peut sembler paradoxal, mais les panneaux photovoltaïques n’apprécient pas vraiment les grandes chaleurs. Si les phénomènes de canicules se multiplient, cela pourrait avoir un impact non négligeable sur la production d’électricité solaire dans le monde. Car si le rayonnement solaire fait fonctionner les panneaux, la chaleur détériore leurs performances et il est difficile de les refroidir. L’explication simple est que plus la température est élevée, plus les photons traversent les cellules photovoltaïques arrachant au passage des électrons aux atomes de silicium et réduisant la production d’électricité. Sous des températures ambiantes de 35 degrés, les cellules peuvent atteindre 80 degrés en surface et perdre jusque 30% de leur rendement. Un panneau photovoltaïque dont la température de surface dépasse 25 degrés perd 0,45% de rendement par degré supplémentaire. Et les rendements des panneaux solaires atteignent déjà difficilement les 20%. Ainsi, lors du pic de consommation d’été, en pleine canicule, du 24 juillet, le parc solaire français, d’une puissance théorique maximale de 8.612 MWh n’a pu produire que 6.100 MWh. Dans une étude publiée sur la plateforme arXiv, deux...

Carbone: l’hypocrisie des donneurs de leçons

Greta Thunberg, la passionaria suédoise de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, n’a pas pris l’avion pour se rendre aux Etats-Unis et participer le 23 septembre au sommet mondial sur le climat organisé par le Secrétaire général de l’ONU. Pour aller à New York, elle voyage à bord d’un voilier de course ultra sophistiqué, le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, le fils cadet de la princesse Caroline de Monaco. Une opération de communication visant à dénoncer les gaz à effet de serre émis par le transport aérien, qui tourne depuis quelques jours au fiasco… Cinq membres d’équipage se rendront en avion à New York pour ramener le bateau, écrit le journal allemand Die Tageszeitung. Le skipper rentrera lui aussi en Europe… en avion. Si Greta Thunberg et son père s’étaient rendus à New York en avion, deux billets auraient suffi. Greta Thunberg et la famille princière monégasque ne sont pas des cas isolés de moralisateurs pris soudain en flagrant délit d’hypocrisie. Dans la famille royale britannique, le Prince Harry et la Princesse Meghan Markle ont provoqué le même type de controverse en donnant des leçons publiques sur le changement climatique tout en...

Transition: les engagements à long terme des gouvernements ont peu de valeur

Si vous êtes un élu ou un dirigeant politique accusé de ne penser qu’aux moyens de rester au pouvoir, la meilleure recette pour prouver que vous êtes un visionnaire et que vous préparez l’avenir est de fixer de grands et ambitieux objectifs politiques et surtout environnementaux. Mais ils seront atteints suffisamment tard dans l’avenir pour être sûr que vous ne serez plus depuis longtemps aux responsabilités et leur réussite dépendra de tellement de facteurs qu’un échec ne pourra même pas vous être attribué. Telle est la thèse de la récente chronique de Leonid Bershidsky pour l’agence Bloomberg. Il faut dire qu’elle correspond plutôt fidèlement aux engagements forts et solennels pris en matière de transition énergétique dans toute l’Europe. Leur traduction dans la réalité tarde souvent à se manifester et la plupart du temps, les moyens d’y parvenir n’existent pas… aujourd’hui. Ainsi, pas moins de 13 pays ont annoncé qu’ils entendaient interdire les véhicules utilisant des carburants fossiles entre 2030 et 2040. La France en fait partie et l’Assemblée nationale a voté le 12 juin 2019 une loi interdisant la vente de tout...

La transition énergétique pourrait encore affaiblir l’industrie française

La transition vers les énergies renouvelables et les voitures électriques va être une nouvelle épreuve pour l’industrie française prévient l’économiste Patrick Artus dans Le Point. Une industrie, qui ne fabrique pas la moindre batterie de véhicule électrique, en dépit du très tardif et très médiatique lancement de «l’Airbus de la batterie». Une industrie, qui n’existe pas ou plus dans la production des turbines des éoliennes et dans celle des panneaux solaires. Pour ce qui des batteries pour véhicules électriques, c’est toute l’Europe qui est en retard. La part de marché européenne dans la production de cellules pour batteries lithium-ion est inférieure à 3%. Les cellules comptent pour 70% du prix d’une batterie ce qui représente environ 35% de la valeur totale d’un véhicule électrique. C’est son composant essentiel et sa production est aux mains en quasi totalité de grands groupes asiatiques. Le Japonais Panasonic et le Sud-Coréen LG Chem sont les leaders suivis de près par Samsung, un autre Sud-Coréen, et du Chinois CATL. Et tout cela sans parler du quasi-monopole chinois sur les métaux et les terres rares nécessaires à la fabrication des mêmes batteries. Sursaut...

La transition, bien plus compliqué que d’aller sur la lune

Il y a maintenant tout juste un peu plus de 50 ans, Neil Armstrong a fait son fameux petit pas sur la surface poussiéreuse de la lune et accomplit ainsi la mission que lui avait confié le Président John F. Kennedy en 1961. A savoir que les Etats-Unis enverraient un homme sur la lune avant la fin de la décennie. Un objectif atteint cinq mois et demi avant l’échéance. La conquête de la lune est peut être la plus grande réussite technologique de l’histoire de l’humanité et a eu un impact considérable ensuite en accélérant le développement de l’informatique, de nouveaux matériaux et même sur la façon de conserver les aliments. Mais comme le souligne un intéressant article du magazine Forbes, au début des années 1960, les administrations Kennedy et ensuite Johnson s’étaient données un autre objectif très ambitieux, mettre fin à la pauvreté aux Etats-Unis.  Ils n’y sont pas parvenus… Car combattre la pauvreté ne nécessite pas seulement des moyens et de la technologie, c’est un problème ayant des dimensions sociologiques, psychologiques, économiques et politiques. Et elles sont bien plus difficiles à résoudre que de surmonter des difficultés, aussi grandes...

La France ne veut pas de l’éolien marin

L’éolien marin se développe depuis des années au Royaume-Uni, dans toute l’Europe du nord, aux Pays-Bas et en Allemagne, mais n’existe pas en France tant il se heurte à des résistances. On compte aujourd’hui près de 6.000 éoliennes terrestres en France et seulement… une éolienne flottante, un prototype installé au large de Nantes en 2018. En 2010, un rapport parlementaire soulignait que, pour mettre en oeuvre les conclusions du Grenelle de l’Environnement, il faudrait installer 9.000 éoliennes en France avant 2020, dont quelque 1.200 en mer. A ce jour, aucune machine en mer n’est opérationnelle! Le Royaume-Uni compte à lui seul 1.900 éoliennes offshore, l’Allemagne 1.300 et le Danemark plus de 500. En mer du Nord, les éoliennes produisent l’équivalent de 18 réacteurs nucléaires de type EPR. On peut donc parler d’un véritable blocage en France En 2011, tandis que neuf pays européens avaient déjà installés une cinquantaine de parcs offshore, la France lançait ses premiers appels d’offres. Mais c’est seulement début 2016 que les projets de parcs éoliens au large de Saint-Nazaire, de Courseulles-sur-mer et de Fécamp recevaient un avis favorable des commissions...

La canicule réduit les performances des renouvelables comme du nucléaire

Les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires n’apprécient pas vraiment la canicule. Si les pics de chaleur se multiplient dans l’année, cela pourrait finir par avoir un impact sur la capacité de production d’électricité en France. Même si la demande en été reste sensiblement inférieure à celle de l’hiver, la climatisation n’a pas l’impact du chauffage et la demande industrielle est plus faible. Pour autant, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a annoncé que des pics de consommation estivale ont été atteints mercredi 24 et jeudi 25 juillet dans l’après-midi. Les climatiseurs et les ventilateurs ont tout de même eu un impact. Le pic s’est situé mercredi à 59.715 mégawatts heure et n’a pas été dépassé jeudi. La capacité de production était de toute façon largement suffisante, avec 68.000 MWh à disposition. Dans le détail, 38.000 MWh de nucléaire, 2.500 MWh d’éolien, 6.000 MWh de solaire, 11.000 MWh d’hydraulique, 6.000 MWh de gaz et 4.500 MWh d’autres sources de production thermique (charbon, fuel). La baisse d’activité des centrales hydroélectriques dans les périodes...

Greta Thunberg, une très mauvaise réponse à de bonnes questions

Les prophètes de l’apocalypse et les activistes de l’urgence climatique ont trouvé leur parfaite égérie. La Jeanne d’Arc du CO2. Inattaquable car insoupçonnable de ne pas être sincère quand elle accuse les adultes d’être irresponsables. Une enfant brillante de 16 ans, pétrie de certitudes et d’angoisses dont les problèmes psychiatriques ont été rendus publics par ses parents… Elle débite depuis des mois avec un visage angélique et une conviction inébranlable un discours accusateur, simpliste et répétitif. Greta Thunberg croit sans doute sincèrement à la fin du monde en témoignent les propos tenus à l’Assemblée Nationale le 23 juillet et six mois plus tôt, le 25 janvier, devant le World Economic Forum: «Pourquoi étudier pour un futur qui bientôt n’existera plus?» Elle est à la mode comme le sont les collapsologues de tous poils. Ils font peur. Ils font vendre. Ils sont issus d’une longue lignée dans l’histoire humaine qui nous promet à intervalles réguliers les flammes de l’enfer si nous ne nous lavons pas de nos péchés. La rationalité, les faits, la science, la compétence sont balayés par l’avalanche médiatique, le militantisme...

Le libre-échange n’est pas l’adversaire de l’écologie

Pour un certain nombre d’écologistes,  le capitalisme est devenu l’ennemi à abattre. On trouve parmi eux des marxistes reconvertis qui ont trouvé soudain de nouveaux arguments contre le système haï. Le changement climatique serait ainsi imputable à un système politique et économique reposant sur la propriété privée des moyens de production… Autant ce replâtrage idéologique revanchard est douteux, autant la question de savoir si le succès devenu planétaire du capitalisme est compatible avec les ressources limitées de la terre est légitime. Notre planète ne peut raisonnablement et durablement offrir le mode de vie occidental actuel a plus de 7 milliards d’êtres humains et bientôt 10 milliards à la fin du siècle. L’économie de marché est à l’origine depuis trois siècles des plus grands progrès matériels de l’humanité. Caractérisé par l’investissement et l’innovation technique, la recherche de la productivité et du profit, le capitalisme a sorti la majeure partie de l’humanité de la misère crasse et de l’ignorance. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de multiples horreurs commises au nom de sa logique. Pas...

A quoi ressemblera l’énergie dans le monde en 2040

Après l’Agence Internationale de l’Energie (IEA),c’est au tour d’un autre organisme de faire des prévisions sur le paysage de l’énergie dans les prochaines décennies. L’institution à but non lucratif, Resources for the Future (Ressources pour l’avenir), vient de publier son Global Energy Outlook (GEO), ces prévisions sur l’énergie dans le monde. Cette étude a notamment pour intérêt d’amalgamer les prévisions faites par des institutions comme l’Agence Internationale de l’Energie, le Département américain de l’énergie, l’Institut de l’économie de l’énergie du Japon et des acteurs privés comme BloombergNEF, l’OPEP, ExxonMobil, BP, Equinor, Shell… Cette «étude d’études» est une approche fréquente dans les milieux universitaires et dans les sciences sociales. Elle permet de se faire une idée des différents scénarios possibles élaborés par la plupart des grands acteurs de l’industrie. Il existe trois grands scénarios. Le premier, le «scénario de référence» est celui de la continuité sans changement de politique de l’énergie dans le monde. Le deuxième est le «scénario de l’évolution»...